Pour ma plus grande joie je me suis
trouvée le samedi de Pâques en fin d’après midi
dans la ville de Bruges. Ravie de cette occasion
je me précipitais à la redécouverte
de quelques tableaux de Jérôme
Bosch ou Hans Memling. Les
cloches n’étaient pas encore de
retour mais j’apprenais qu’il était 17 h
et les portes des églises et musées
venaient de fermer !
Il me restait donc à flâner le long
des canaux, me perdre au hasard des
nombreuses petites places et ruelles.
C’était jour d’affluence et je croisais
touristes aux langues les plus variées et
chantantes, certains en calèches d’autres à pied
suivant leur guide, badauds en vélo, Flamands
venus en famille ou entre amis. C’était samedi
de Pâques et la préoccupation principale était
de trouver les meilleurs chocolats dans la
capitale mondiale du chocolat ! Je ne pus
compter les chocolateries, tant elles étaient
nombreuses, variées, magnifiquement décorées
et appétissantes comme la foule qui les
envahissait. Nous étions tous sur une autre
planète immobile, hors du monde et du temps
agité, dans ce paradis sur terre, ville suspendue
entre terre et eau. A travers la quête de
chocolat, le meilleur, le plus beau, inattendu,
raffiné, se manifestaient l’accueil du printemps,
le plaisir du cadeau et de l’échange, la joie de se
côtoyer paisiblement sans bruit violent, ni
voiture, comme une nouvelle quête de sens et d’
espérance pour nous tous.
A la fin de l’après midi sur fond de large
ciel bleu foncé chargé de pluie, se dessinait un
magnifique arc-en-ciel.
N’était-il
pas le clin d’oeil
bienveillant de Dieu vers nous tous ?
En rentrant à l’IPT je me mis à rêver que
notre faculté était aussi un petit paradis sur
terre, remis magnifiquement au goût du 21ème
siècle, havre de paix au cœur de Paris. Que
venons nous y chercher, qui sommes nous,
quelle est notre histoire ? Partageons nous les
mêmes quêtes spirituelles, de quelle façon ?
Pour ce numéro de Lutin et Calvaire, nous
sommes allés le demander à quelques uns
d’entre nous de Paris et
Montpellier. Ils nous parlent de
la barque dans laquelle ils sont
montés, à l’image de celles
glissant sur les canaux de la
Venise du nord, sans pour autant
les confondre avec un navire. Nos
deux doyens témoignent aussi de
leur engagement grâce à leur
discipline : la théologie pratique.
Régalons-nous
de cette
délicieuse diversité ....
Brigitte